3. Agir sur le stress collectif



Le stage pour ceux qui interviennent au niveau du collectif


Le troisième niveau de la démarche, centré sur la dimension collective du stress, est destiné à ceux qui, du fait de leur fonction - directions, ressources humaines, service médico-social ou sécurité - ont un rôle de décision, de conseil ou d'écoute.

Il les aidera à gérer des situations demandant des capacités relationnelles particulières, notamment en période de mutation et d'incertitude.

Le stage reprend l'articulation entre les trois niveaux de stress - individuel, relationnel et collectif - pour mieux comprendre leurs interactions au sein de l'entreprise. Il analyse les facteurs du stress collectif en corrélation avec les phénomènes de groupe.

Suivant la fonction des participants, nous étudions comment chacun peut jouer son rôle face à ces phénomènes collectifs pour modérer les effets négatifs du stress collectif.

Le travail avec la vidéo permet d'affiner la prise de conscience des attitudes relationnelles, essentielle pour jouer un rôle d'écoute, de médiation, de proposition et de décision.

Dans l'entreprise, le temps et l'énergie disponibles souvent limités impliquent d'approfondir la compréhension de l'écoute active, pour une plus grande efficacité. Car l'écoute joue un rôle déterminant dans le dénouement de situations délicates.

Ce stage permet, au-delà de ses compétences particulières, de développer le charisme personnel qui peut s'exprimer dans ce rôle sur le collectif.

« Le stage m’a montré comment je participais, sans m’en rendre compte et en toute bonne foi, à des malentendus, des tensions avec mes collègues au travail. Les mécanismes du stress relationnel sont beaucoup plus clairs pour moi, maintenant. Je vois comment ne pas me laisser piéger dans une escalade conflictuelle. »




Les actions au niveau du collectif

Lorsque l’entreprise doit aborder la question du stress, nous pouvons l’aider à dépasser les incompréhensions et clivages traditionnels entre directions et représentants du personnel déjà en proposant un langage commun acceptable par tous, puis en favorisant un dialogue constructif où chaque partie et point de vue apporte sa contribution. De là, une politique cohérente de prévention et de réduction des risques psychosociaux devient possible, dans la perspective d’un accord d’entreprise : les différentes instances peuvent se pencher ensemble sur l’analyse des risques psychosociaux liés aux conditions de travail et à son organisation.

Une approche collective du risque psychosocial dans un groupe multinational de la chimie La question du stress avait été amenée en CHSCT par les représentants syndicaux de certains sites industriels du groupe et était ressentie comme potentiellement conflictuelle par les dirigeants de ces sites. Le Directeur Corporate de la Sécurité Industrielle, sur le conseil du Médecin coordinateur du groupe, a fait appel à nous. Le médecin coordinateur avait lui-même participé au niveau 1 de la démarche Résolustress. L’action au niveau collectif visait donc à mettre en place une approche constructive incluant les différentes instances de l’entreprise. Il fallait pour cela dépasser les oppositions habituelles entre directions et partenaires sociaux :

  • le stress provient de conditions et d’une organisation du travail défavorables aux salariés, il faut donc modifier celles-ci,
  • le stress vient des difficultés qu’ont les individus à s’adapter à l’évolution de la vie professionnelle, il faut donc les aider à cette adaptation.
  • Nous avons donc apporté une vision du stress qui englobe de manière équilibrée les différentes catégories de facteurs individuels, relationnels et collectifs et qui respecte les convictions de chacun, tout en les situant dans une perspective plus large. Nous avons ainsi animé des conférences-débats avec la commission HSCT du CCE, avec les DRH, les médecins du travail des sites industriels du groupe. Enfin nous avons animé un séminaire lors des journées annuelles réunissant les DSI du groupe au niveau international.

    Le compréhension des phénomènes liés au stress a été exprimée dans un langage accessible à tous, scientifique et factuel. En devenant commun aux différents acteurs, il a contribué à dépolitiser et dépassionner le sujet.

    Cette manière d’aborder la gestion des risques inclut donc les différents acteurs en valorisant la spécificité du rôle qu’ils ont à jouer. Cela a favorisé le développement d’un dialogue entre les instances qui ont pu dépasser leurs clivages et oppositions habituels pour s’intéresser ensemble au mieux être des salariés.